Bienvenue sur Racontez-moi Attila

jozsef21

 

 

 

 

 

Je m’appelle Orlane et je suis actuellement étudiante en Master 1 CIMER

( Communication Interculturelle et Muséologie dans l’Europe Rénovée) à la Sorbonne.

C’est dans le cadre de l’un de mes séminaires que j’ai choisi de m’intéresser à la poésie hongroise et plus précisément au poète Attila József qui, à mon sens mériterait d’être lu et connu  de tous (comme le chante Dick Annegarn).

J’ai créé ce blog afin de diffuser sa poésie, et pour réaliser mon projet, j’ai besoin de vous lecteurs!

J’aimerais beaucoup que vous lisiez le poème ci-dessous,qui m’ a personnellement beaucoup touchée, en français ( ou en hongrois à vous de voir 😉 ), puis que vous m’envoyiez un courrier exprimant  ce que vous avez ressenti à sa lecture, ce que vous en avez compris ou encore ce qu’il évoque en vous. Une lettre de deux ou dix pages, un mot, une image, un dessin ou même une photographie, tous les moyens sont bons!

A l’ère des nouvelles technologies, j’aimerais beaucoup me servir du support épistolaire, qui était cher à Attila József, afin de le faire revivre à travers vos mots et votre plume, et de lui rendre hommage. Je suis persuadée que l’amour de l’écriture est toujours présent chez beaucoup, même en 2017. Laissez libre cours à votre imagination!!

Cependant, vous pouvez aussi m’envoyer un mail si vous préférez!

Si vous le souhaitez, je publierai vos courriers et mail ici afin de pouvoir partager et créer un dialogue autour de ce poème.

Je vous remercie d’avance pour votre participation à mon projet! Vous pouvez m’écrire à cette adresse mail  racontezmoiattila@gmail.com et envoyer vos lettres à l’adresse figurant dans l’onglet « contact ».

Edit: N’hésitez pas à vous rendre sur l’onglet « Vos impressions » ! Vous pourrez y lire les impressions des autres lecteurs ainsi que des interviews de professionnels.

De plus, la traduction étant parfois difficile, et le traducteur ayant fait le choix de conserver les rimes ( cela fera d’ailleurs l’objet d’un futur article), j’ajoute ici la traduction anglaise.

Le poème: ( je le publie dans son intégralité, mais vous pouvez choisir de ne vous exprimer que sur une partie seulement)

Ode

1
Me voici sur ce rocher scintillant.
La brise légère
Du jeune été s’élève de la terre
Comme la chaleur d’un souper charmant.
J’habitue mon cœur au silence, et vraiment,
Ce n’est pas très difficile…
Ce qui s’est évanoui se rassemble autour de moi,
Ma tête s’incline, et mes doigts
S’abandonnent, dociles.

Je contemple la crinière des monts.
Chaque fleur qui frissonne
Fait vibrer l’éclat de ton front.
Sur la route, personne, personne…
Je vois ta robe
Flotter au vent;
Sous les frêles branches,
Je vois ta chevelure qui se penche
Et de tes seins le doux tressaillement;
Puis, de la rivière Szinva, qui va courant,
Je vois de nouveau surgir
Sur les petits galets de tes dents
Un féerique sourire.

2
Oh combien je t’aime, toi
Qui as réussi à faire parler à la fois
La solitude intrigante, capable,
Aux tréfonds même du cœur, de fomenter des cabales,
Et l’univers tout entier!

Toi qui, telle une cascade fuyant son propre fracas,
Me quittes pour continuer ton cours sans hâter le pas,
Tandis que moi, demeuré sur les cimes de ma vie,
Face aux lointains, je crie
En continuant de me débattre:
“Je t’aime, ô ma douce marâtre!”

3
Je t’aime comme l’enfant aime sa mère,
Comme les cavernes aiment leurs profondeurs,
Je t’aime comme les salles aiment la lumière,
L’esprit la flamme, et le corps le repos réparateur.
Je t’aime, comme aiment vivre les mortels
Avant que le néant ne vienne les saisir.
Comme la terre accueille l’objet tombé sur elle.

J’accueille tes paroles, tes gestes, tes sourires.
Comme l’acide creuse le métal,
Mes instincts m’ont creusé pour que tu t’y installes.

Apparition belle et charmante,
Tu combles l’essentielle faim qui me tourmente.
Les instants passent dans une trépidation continuelle,
Mais toi, tu restes muette dans mes oreilles.
Les étoiles s’allument et tombent des cieux,
Mais toi tu brilles à demeure dans mes yeux.
Ta saveur comme le silence dans un gouffre,
Flotte toujours dans ma bouche.
Parfois ta main, tenant un verre d’eau,
M’apparaît avec son réseau de veines,
Comme surgie d’une brume incertaine.

4
En quoi suis-je donc construit,
Que ton regard me perce et me transforme ainsi?
Quelle âme est la mienne?
Quelle lumière, quel miraculeux phénomène
Me permettent de traverser le brouillard du néant
Pour explorer les pentes de ton corps fécond?

Comme le Verbe dans l’esprit qui s’ouvre, je descends
Dans les mystères de ton être charnel.
J’y vois, ainsi que des buissons, les méandres de ton sang
Trembler sans cesse,
Chargés d’un courant éternel
Qui fait éclore sur ton visage et qui műrit
Dans ta matrice un fruit béni.

De ton estomac, l’aire sensible
Est brodée de mille racines imperceptibles
Dont les fils légers se nouent et se dénouent
Pour que l’essaim de tes humeurs en toi se répande partout,
Et que le bel arbuste de tes poumons feuillus
Puisse chanter un hymne à sa propre gloire.

Heureuse, l’immortelle matière poursuit son chemin
Dans le fonds de tes entrailles;.
Vivant et riche en est le sédiment
Dans les puits artésiens de tes freins jaillissants.

En toi s’élèvent d’ondulantes collines,
Tremblent des voies lactées;
En toi des lacs bouillonnent et tournent des usines,
En toi s’affairent, comme la cruauté et la bonté,
Des milliers d’animaux vivants,
Des insectes,
Des lianes.
En toi luit le soleil,
En toi une triste aurore boréale veille.
En toi la substance erre sans se lasser
Une inconsciente éternité.

5
Comme des caillots
De sang, ces mots
Tombent devant toi.
L’existence bégaie.
Seules parlent purement les lois…
Mes organes industrieux qui m’enfantent de nouveau
Chaque jour, se préparent déjà, je le sais,
A se taire à jamais.
Mais ils clameront tous, jusqu’à l’heure de ma fin:
O toi qui fus choisie parmi la multitude
De deux milliards d’êtres humains,
O toi, l’unique! O toi, doux berceau!
Vivante couche! Puissant tombeau!
Accueille-moi dans ton sein!

(Ce plein-cintre du petit jour, comme il est haut!
Des armées brillent au cœur de ces métaux.
Mes yeux sont éblouis par la vive clarté;
Je suis perdu, je crois,
Et j’entends mon cœur battre de l’aile et claquer
Au-dessus de moi.)

6
(Chanson subsidiaire)

Le train m’entraîne. Je viens te rejoindre.
Dès aujourd’hui, qui sait, je peux t’atteindre…
Alors, le feu de mon front s’éteindra.
Mais, tout bas, peut-être, tu me diras:

Va donc prendre un bain; j’ai ouvert l’eau tiède,
Pour te sécher voilà une serviette.
Si tu as faim, la viande est à chauffer.
Ton lit est toujours où je suis couché.

  Traduction de Jean Rousselot publiée dans: KASSAI G., SICRE J.-P : Attila József, Aimez-moi, Editions  Phébus, Paris, 2005, 704 p. 

Óda

1
Itt ülök csillámló sziklafalon.
Az ifju nyár
könnyű szellője, mint egy kedves
vacsora melege, száll.
Szoktatom szívemet a csendhez.
Nem oly nehéz –
idesereglik, ami tovatűnt,
a fej lehajlik és lecsüng
a kéz.

Nézem a hegyek sörényét –
homlokod fényét
villantja minden levél.
Az úton senki, senki,
látom, hogy meglebbenti
szoknyád a szél.
És a törékeny lombok alatt
látom előrebiccenni hajad,
megrezzenni lágy emlőidet és
– amint elfut a Szinva-patak –
ím újra látom, hogy fakad
a kerek fehér köveken,
fogaidon a tündér nevetés.

2
Óh mennyire szeretlek téged,
ki szóra bírtad egyaránt
a szív legmélyebb üregeiben
cseleit szövő, fondor magányt
s a mindenséget.
Ki mint vízesés önnön robajától,
elválsz tőlem és halkan futsz tova,
míg én, életem csúcsai közt, a távol
közelében, zengem, sikoltom,
verődve földön és égbolton,
hogy szeretlek, te édes mostoha!

3
Szeretlek, mint anyját a gyermek,
mint mélyüket a hallgatag vermek,
szeretlek, mint a fényt a termek,
mint lángot a lélek, test a nyugalmat!
Szeretlek, mint élni szeretnek
halandók, amíg meg nem halnak.

Minden mosolyod, mozdulatod, szavad,
őrzöm, mint hulló tárgyakat a föld.
Elmémbe, mint a fémbe a savak,
ösztöneimmel belemartalak,
te kedves, szép alak,
lényed ott minden lényeget kitölt.

A pillanatok zörögve elvonulnak,
de te némán ülsz fülemben.
Csillagok gyúlnak és lehullnak,
de te megálltál szememben.
Ízed, miként a barlangban a csend,
számban kihűlve leng
s a vizes poháron kezed,
rajta a finom erezet,
föl-földereng.

4
Óh, hát miféle anyag vagyok én,
hogy pillantásod metsz és alakít?
Miféle lélek és miféle fény
s ámulatra méltó tünemény,
hogy bejárhatom a semmiség ködén
termékeny tested lankás tájait?

S mint megnyílt értelembe az ige,
alászállhatok rejtelmeibe!…

Vérköreid, miként a rózsabokrok,
reszketnek szüntelen.
Viszik az örök áramot, hogy
orcádon nyíljon ki a szerelem
s méhednek áldott gyümölcse legyen.
Gyomrod érzékeny talaját
a sok gyökerecske át meg át
hímezi, finom fonalát
csomóba szőve, bontva bogját –
hogy nedűid sejtje gyűjtse sok raját
s lombos tüdőd szép cserjéi saját
dicsőségüket susogják!

Az örök anyag boldogan halad
benned a belek alagútjain
és gazdag életet nyer a salak
a buzgó vesék forró kútjain!
Hullámzó dombok emelkednek,
csillagképek rezegnek benned,
tavak mozdulnak, munkálnak gyárak,
sürög millió élő állat,
bogár,
hinár,
a kegyetlenség és a jóság;
nap süt, homályló északi fény borong –
tartalmaidban ott bolyong
az öntudatlan örökkévalóság.

5
Mint alvadt vérdarabok,
úgy hullnak eléd
ezek a szavak.
A lét dadog,
csak a törvény a tiszta beszéd.
De szorgos szerveim, kik újjászülnek
napról napra, már fölkészülnek,
hogy elnémuljanak.

De addig mind kiált –
Kit két ezer millió embernek
sokaságából kiszemelnek,
te egyetlen, te lágy
bölcső, erős sír, eleven ágy,
fogadj magadba!…

(Milyen magas e hajnali ég!
Seregek csillognak érceiben.
Bántja szemem a nagy fényesség.
El vagyok veszve, azt hiszem.
Hallom, amint fölöttem csattog,
ver a szivem.)

6
(Mellékdal)
(Visz a vonat, megyek utánad,
talán ma még meg is talállak,
talán kihűl e lángoló arc,
talán csendesen meg is szólalsz:

Csobog a langyos víz, fürödj meg!
Ime a kendő, törülközz meg!
Sül a hús, enyhítse étvágyad!
Ahol én fekszem, az az ágyad.)

 Attila József , 1933 dans: The lost rider – A bilingual anthology, Corvina Books LTD, Budapest, 1997.

Ode

1.
I am sitting
here on a glittering wall of rocks.
The mellow wind of the young summer
like the warmth of a good supper
flies around.

I let my heart grow fond of silence.
It is not so difficult,
– the past swarms around –
the head bends down
and down hangs the hand.

I gaze at the mountains’ mane
every leaft reflects the glow of your brow.
The road is empty, empty,
yet I can see
how the wind makes your skirt flutter
under the fragile branches of the tree.
I see a lock of your hair tip foreward
your soft breasts quiver
– as the stream down below is running away –
– behold, I see again,
how the ripples on round white pebbles
the fairy laughter spouts out on your teeth.

2.
O how I love you
who, made to speak
both, the wily solitude which weaves its plots
in the deepest caverns of the heart
and the universe.

Who part from me, in silence, and run away
like the waterfall from its own rumble
while I, between the peaks of my life,
near to the far,
cry out and reverberate
rebounding against sky and earth
that I love you, you sweet step-mother.

3.
I love you like the child loves his mother,
like silent pits love their depth
I love you like halls love the light
like the soul loves the flame,
like the body loves repose.
I love you like all mortals love living
until they die.

Every single smile, movement, word of yours
I keep like the earth keeps all fallen matter.
Like acids into metal
so my instincts have burnt
your dear and beautiful form into my mind,
and there your being fills up everything.

Moments pass by, rattling
but you are sitting mutely in my ears.
Stars blaze and fall
but you stand still in my eyes.
Like silence in a cave,
your flavour, now cool,
Still lingers in my mouth
and your hand upon the waterglass
and the delicate veins upon your hand
glimmer up before me again and again.

4.
O what kind of matter am I
that your glance cuts and shapes me?
What kind of soul and what kind of light
and what kind of amazing phenomenon am I
that in the mist of emptiness
I can walk around
the gentle slopes of your fertile body?

And like the word
entering into an enlightened mind
I can enter into its mysteries…

Your veins like rosebushes
tremble ceaselessly.
They carry the eternal current
that love may blossom in your cheeks
and thy womb may bear a blessed fruit.

Many a small root embroiders through and through
the sensitive soil of your stomach
weaving knots, unwinding the tangle
that the cells of your juices may align
into clusters of swarming lines
and that the good thickets of your bushy lungs
may whisper their own glory.

The eternal matter happily proceeds in you
along the tunnels of your bowels
and the waste gains a rich life
in the hot wells of your ardent kidneys.

Undulating hills rise
star constellations oscillate
lakes move, factories operate
millions of living creatures
insects
seaweed
cruelty and goodness stir
the sun shines, a misty arctic light looms –
unconscious eternity roams about
in your metabolism.

5.
Like clots of blood
these words fall
before you.
Existence stutters
only the law speaks clearly.
But my industrious organs that renew me
day by day
are now preparing for silence.

But until then all cry out.
You,
whom they have selected out of the multitude
you only one,
you soft cradle,
strong grave, living bed
receive me into you …

(How tall is the sky at dawn!
Armies are dazzling in its ore.
This great radiance hurts my eyes.
I am lost, I believe…
I hear my heart beating
flapping above me.)

6.
(By-Song.)
(The train is taking me, I am going
perhaps I may even find you today.
My burning face may then cool down,
and perhaps you will softly say:

The water is running, take a bath.
Here is a towel for you to dry.
The meat is cooking, appease your hunger,
this is your bed, where I lie.)

Traduction publiée dans:   Kabdebó Tamás, Hundred Hungarian Poems, Manchester, Albion Editions, 1976.

 
Publicités